Shalom al Israël Vé HaOlam

Avec toute notre admiration Khaver !

Par Mati Ben-Avraham
Le Dr Mordechai Kedar, de l’université Bar Ilan, est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de l’Islam. Juif pratiquant, il pose d’emblée l’impossibilité de disséquer une croyance, une foi. Partant, l’étude ne peut porter que sur les faits reliés à une foi. Il est intéressant de noter que, dans le procès intenté par l’Etat au leader du courant nordiste du mouvement islamique israélien, Sheikh Ra’id Salah, il était cité, en tant qu’expert, par la défense. Q. Mati Ben-Avraham : L’Islam, dites-vous, traverse une crise profonde. Qui s’exprime de quelle manière? R. Dr. Mordechai Kedar : Par un désarroi certain. Il y a, dans le Coran, un verset qui dit : ” vous êtes la meilleure nation qui soit sur terre.” Tout Musulman en est convaincu. Mais voilà, la réalité est tout autre. Le monde musulman est en proie à des contradictions profondes, à des querelles intestines sans fin, à la corruption. Au plan quotidien, le Musulman est confronté à un système administratif tatillon, à un système scolaire inopérant, à un système de santé rétrograde, à des inégalités sociales criardes, à un chômage endémique. Ce décalage, donc, entre le verset cité et la réalité au quotidien suscite des interrogations, des doutes. Q. MBA : L’éducation, la santé, la gestion au quotidien : tout se passe comme si les dirigeants étaient incapables de faire face à un changement de paradigme social? R. Dr. Mordechai Kedar : Davantage : ces dirigeants n’ont pas toujours envie d’affronter ces problèmes car cela suppose d’établir un ordre de priorités, d’investir dans l’éducation, la santé, les infrastructures… Or, ils vivent avec le sentiment qu’ils ne doivent rien à leurs peuples, que l’inverse est vrai. Q. MBA : Venons-en au fondamentalisme. Si j’ai bien saisi, les buts visés par ces mouvements sont de s’accaparer le pouvoir politique et d’ imposer ensuite leur conception propre de l’Islam. Voir l’Algérie, l’Egypte, le Liban, ici même avec le Hamas et le Jihad islamique. L’impression est que ces mouvements ont échoué, même si leur capacité de nuisance n’a pas totalement disparu. Peut-on parler d’une stratégie islamique? R. Dr. Mordechai Kedar : Ces mouvements islamistes se sont fixés des objectifs dans le temps. A court terme, ils visent à une reconnaissance légale dans leur pays, en tant que groupe politique, par les institutions et autres groupes. A moyen terme, il s’agit pour eux de parvenir à une position dominante, à travers l’utilisation des moyens légaux existants, comme par exemple la participation aux élections municipales, législatives en enfin au gouvernement. A long terme enfin, l’objectif est la mainmise sur les mécanismes de gouvernement, l’élimination des groupes non islamistes de toute source de pouvoir – voyez l’Iran – pour imposer la loi islamique à l’ensemble du pays. Q. MBA : Et Al Qaïda dans tout cela ? R. Dr. Mordechai Kedar : La doctrine déclarée de Al Qaïda est d’imposer l’Islam au monde entier, tout de suite, par la violence, des actes de terrorisme donc, si besoin en est. Il y a une controverse à l’intérieur de ce mouvement qui porte sur les seuls chiites. Abu Moussab Al Zarqaoui, qui fut le chef d’Al Qaïda en Irak jusqu’à son élimination, justifiait la guerre contre ce courant de l’Islam car, disait-il : “Ce sont des parjures qui causent du tort à l’Islam.” Ayman Al Zawahiri, l’adjoint de ben Laden, estime lui qu’il s’agit là d’une guerre superflue, car les shiites sont des Musulmans, et qu’il fallait se concentrer sur la lutte contre l’Occident et Israël.—
Par ailleurs, dans la dernière génération, se sont produits deux faits inquiétants, traumatisants même : le développement des outils de communication d’une part et, d’autre part, l’irruption d’idées nouvelles, innovatrices. En particulier en ce qui concerne le statut de la femme : l’accès au monde du travail, aux techniques médicales libératrices. Des idées qui sont venues ébranler le mode de vie traditionnel, la hiérarchie familiale. Ces changements sont intervenus rapidement, trop rapidement, avec une intensité forte, trop forte. Ils ont bousculé les modes de comportement, pesé sur les mentalités, induisant un effet déstabilisateur. Et partant, une crise profonde, marquée par des questions inconnues jusqu’alors dans le monde de la soumission : qui sommes-nous? Que faisons-nous? Où allons-nous ? Que faire, par exemple, avec ces jeunes gens et jeunes filles, convoqués à une manifestation de masse par le Sheikh Nasrallah, et qui arrivent le visage peint aux couleurs de l’Islam, comme s’il s’agissait d’un match de football ? Pensez-vous que Sheikh Nasrallah est content du spectacle offert par ses ” supporters” ? Bien entendu que non, car il le sait : c’est à partir de petits riens que se déclenchent les grands changements.
Voilà comment un israélien parle sur Al Jazeera. Une fois n'est pas coutume, un universitaire israélien s'est distingué par son courage en défendant Jérusalem lors d'une interview accordée à la chaîne…Al Jazeera. Mordekh'aï Keidar est Professeur au Département des Etudes du Moyen-Orient à l'Université de Bar-Ilan. A l'occasion de Yom Yeroushalaïm, les responsables de la chaîne du Qatar avaient décidé d'interviewer un spécialiste israélien sur la question de la construction de logements juifs à Jérusalem, "au-delà de la ligne verte". Mal leur en a pris, et Jamal Riyan, animateur principal de la chaîne n'oubliera jamais cette soirée. - Excusez-moi, M. Keidar, Si vous voulez parler Histoire, alors parlons du Coran. Vous ne pouvez pas nier la présence de Jérusalem dans le Coran. Je vous demande de ne pas exprimer des propos offensants pour les Arabes et les Musulmans. Restons-en à notre sujet… La Feuille de Route ne parle pas de Jérusalem. Jérusalem appartient aux Juifs. Point final. Il n'est pas question de parler de Jérusalem. Vous revenez sur cette question sans cesse. Mon ami, allez regarder la Feuille de Route…
La première question qu'il posa à l'universitaire israélien fut: "Ne croyez-vous pas que la décision de construire des logements juifs à Jérusalem-Est constitue un clou de plus planté dans le cercueil des négociations israélo-palestiniennes?" La réponse qu'il obtient alors ne fut pas du tout celle qu'il escomptait d'un universitaire israélien "classique":
- A vrai dire, je ne comprends pas tout à fait quel est le problème. Cela veut-il dire qu'Israël doive demander l'autorisation au monde entier pour habiter à Jérusalem??! Jérusalem était déjà notre capitale alors que vos ancêtres buvaient encore du vin, enterraient leurs enfants vivants et adoraient des idoles en Arabie. Alors pourquoi cette question? Cette ville est à nous pour l'éternité!"
Riyan insistait:
- Jérusalem n'est pas citée une seul fois dans le Coran…
A ce moment, l'animateur excédé, cite une sourate qui ferait allusion à Jérusalem..
- Je le répète, insiste Keidar, Jérusalem n'apparaît pas une seule fois dans le Coran.
- Bon, parlons politique, est ce que cette décision du gouvernement israélien ne va pas à l'encontre de la Feuille de Route?
- A ce rythme là, Jérusalem englobera bientôt toute la Rive Occidentale !!! s'énerve l'animateur..
- Ecoutez, Israël ne vient pas s'occuper de ce que le Qatar construit ou non chez lui, alors je ne vois pas en quoi cela vous-intéresse-t-il de savoir où nous construisons! Jérusalem est notre capitale éternelle, et ni Al Jazeera ni personne d'autre n'a son mot à dire concernant cette ville. Elle appartient aux Juifs et à personne d'autre…!
Juste avant que l'interview soit subitement interrompue par le présentateur, ce dernier à voulu "jouer le malin" en amenant Keidar sur le terrain de la "colonisation de la Cisjordanie"... Mais cela non plus n'a pas fonctionné... Keidar se défendant (très justement d'ailleurs), avec des arguments tellement vrais que nous les avons oubliés ! "Jamais une nation n'a eu la souveraineté sur cette partie du monde. Jamais personne n'a pu dire que cette région lui appartenait dans le passé alors pourquoi aujourd'hui quelqu'un se veut souverain de cette région du monde ? Personne n'a le droit de revendiquer la Judée Samarie. C'est une terre qui à toujours été occupée mais qui n'a jamais appartenue a quelqu'un! C'est exactement comme l'antarctique dans le sud, cela n'a jamais appartenu à personne. Jusqu'en 67, la Jordanie occupait cette région. Aucun état n'a la souveraineté sur cette région, au contraire du Golan et du Sinaï et d'autres régions d'ailleurs... Comme aucun état n'a jamais été souverain en Cisjordanie, personne ne peut dire que cette région est un territoire occupé ! De quel état il est occupé ? De la Jordanie jusqu'en 67. Aujourd'hui elle est sous l'autorité israélienne. Mais cela n'appartient à aucun état au monde.
L'interview s'est poursuivi durant encore quelques minutes sur le même ton, avant que Jamal Riyan n'y mette subitement fin sans prévenir, jurant sans doute qu'une prochaine fois, il inviterait plutôt Zeev Sternhell ou Avraham Burg…
Imaginons un instant que nos dirigeants aient le même courage et la même détermination que cet universitaire, lorsqu'ils se trouvent face aux négociateurs palestiniens…
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